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Une femme sur 10 victime d’une agression à caractère sexuel en contexte postsecondaire : Statistique Canada

21 septembre 2020

Selon des données révélées dernièrement par Statistique Canada, un peu plus d’une étudiante sur dix (11 %) a été agressée sexuellement dans un contexte postsecondaire pré-pandémie, soit un taux près de trois fois plus élevé que les hommes (4 %)[1]. Autre chiffre fort inquiétant, 71 % « des étudiants ont été témoins ou ont fait l’objet de comportements sexualisés non désirés sur le campus ou ailleurs, ou dans une situation en ligne impliquant des étudiants ou d’autres personnes rattachées à l’établissement d’enseignement. » Le rapport souligne également que les femmes (45 %) sont plus souvent victimes de ce type d’agression (32 %).

Outre la plus haute fréquence des agressions chez les femmes, les agressions à caractère sexuel avaient des répercussions sur la vie scolaire des victimes, « telles que le fait d’arrêter d’aller à un ou à plus d’un cours (7 % des femmes et 3 % des hommes) et de changer leur routine en raison de ce qui s’était passé (comme éviter certains immeubles de l’établissement d’enseignement; 18 % des femmes et 5 % des hommes). » Les taux de dévoilement sont également bas : « 8 % des étudiantes et 6 % des étudiants qui avaient été agressés sexuellement dans un contexte d’études postsecondaires en ont parlé à une personne rattachée à leur établissement d’enseignement. »  Par ailleurs, 11 % des femmes victimes d’agression ont fait appel à des ressources en santé mentale, et 3 % ont signalé l’incident à la police. Un très fort pourcentage d’élèves témoins de comportements sexualisés non désirés (91 % des femmes et 92 % des hommes) ont déclaré n’avoir pas pris de mesures à au moins une occasion : « La raison la plus souvent invoquée pour ne pas avoir pris de mesures était qu’ils ne jugeaient pas le comportement suffisamment grave (69 % des femmes et 81 % des hommes). »

Même en période de pandémie, où l’apprentissage postsecondaire a effectué un virage vers le virtuel, ces chiffres percutants demeurent tout aussi pertinents. La violence à caractère sexuel est un problème sociétal qui nous concerne tous et toutes. Pour en savoir plus sur cette forme de violence genrée, découvrez la campagne Traçons-les-limites, campagne qui s’adresse aux jeunes francophones en Ontario et présente des mises en situation, des vidéos, des ressources spécifiques à la pandémie, et des outils à l’intention des parents.

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[1] https://www150.statcan.gc.ca/n1/daily-quotidien/200914/dq200914a-fra.htm