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Mises en contexte et revendications d’AOcVF face aux élections

MISES EN CONTEXTE ET REVENDICATIONS D’AOcVF

Alors que les élections fédérales prennent leur essor, Action ontarienne contre la violence faite aux femmes (AOcVF) se désole de l’absence alarmante des femmes dans les promesses électorales des partis fédéraux. C’est une lacune que nous dénonçons haut et fort, surtout compte tenu du fait que les femmes au Canada représentent un peu plus de 50 %[1] de la population canadienne. Pour contrer cette lacune, nous proposons aux partis quatre recommandations pertinentes pour les femmes, en particulier celles touchées par la violence conjugale. 

1. Mettre en place une stratégie nationale pour lutter contre la violence faite aux femmes

 MISE EN CONTEXTE

En 2018, 145 femmes au Canada ont été victimes de féminicides[2], c’est-à-dire de meurtre aux mains d’un conjoint ou ex-conjoint. Une femme serait donc tuée chaque six jours. En ce qui a trait à la violence conjugale, la fréquence réelle est méconnue, car on estime qu’un pourcentage élevé d’incidents ne sont pas déclarés à la police.[3]

REVENDICATION 

Il faut que ça change. AOcVF croit qu’il est grand temps que le Canada adopte une stratégie nationale contre la violence faite aux femmes pour lutter contre ce fléau. Pour ce faire, il est absolument indispensable que cette stratégie soit élaborée en consultation auprès d’expertes en violence faite aux femmes à l’échelle du pays. De plus, cette stratégie doit représenter le large éventail de réalités des femmes canadiennes, y compris les femmes de la communauté LGBTQ2S+, les femmes racialisées, les femmes trans, les femmes avec un handicap, les femmes immigrantes, et les femmes en milieu linguistique minoritaire.

2. Assurer et augmenter le financement d’organismes francophones œuvrant dans le domaine de la violence faite aux femmes

MISE EN CONTEXTE

Les maisons d’hébergement et les centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS), surtout ceux offrant des services en français en situation linguistique minoritaire, ne sont pas financés adéquatement. Ce manque de financement a de réelles et sérieuses conséquences sur ces services, ainsi que sur les femmes aux prises avec la violence conjugale et leurs enfants.

En premier lieu, le manque de financement ne permet la présence en tout temps que d’une seule intervenante qui doit être responsable du bon fonctionnement de la maison, y compris l’accueil des femmes faisant face à différents défis (consommation de drogue ou d’alcool, défis liés à la santé mentale, etc.). La présence d’une seule intervenante représente donc un réel risque pour la santé et la sécurité des travailleuses et des femmes et des enfants hébergés. Outre, faute de financement, les maisons d’hébergement ne peuvent pas offrir de services aux enfants hébergés, qui nécessitent des soins adaptés à leur situation particulière. Troisièmement, les maisons d’hébergement sont incapables d’offrir une gamme complète de services, et doivent donc dépendre de services extérieurs, qui ne sont pas toujours disponibles. Les maisons d’hébergement sont également confrontées à des défis liés aux troubles concomitants qui imposent au personnel des maisons de se former dans diverses sphères d’intervention, ce qui n’est pas toujours possible ni efficace. Enfin, les maisons d’hébergement manquent de moyens financiers affectés aux infrastructures des maisons (ce qui inclut les dépenses de fonctionnement, d’entretien et de rénovation), qui doivent demeurer sécuritaires et en bon état, et qui augmentent d’année en année avec l’inflation.

REVENDICATION 

Pour aider les organismes offrant des services en français à surmonter les défis auxquels ils sont confrontés, des investissements importants de la part du gouvernement sont nécessaires. AOcVF revendique un financement stable des maisons d’hébergement et des CALACS à l’échelle du pays, ainsi qu’une augmentation annuelle du financement pour permettre à ces organismes de faire face à l’inflation. Plus de financement permettrait d’améliorer les services offerts aux femmes et à leurs enfants, et permettrait à plus de femmes de vivre sans violence.

3. Améliorer l’accès à la justice pour les femmes aux prises avec la violence conjugale

MISE EN CONTEXTE

L’accès à la justice pour les femmes aux prises avec la violence conjugale est inégal et fragmenté, d’autant plus pour les femmes immigrantes, les femmes en milieu linguistique minoritaire, et les femmes en milieu rural. Les femmes doivent relever tous les défis liés à la violence vécue et ceux liés à la séparation (recherche de logement, recherche d’emploi, changements administratifs, etc.) en plus de ceux liés aux procédures devant la Cour de la famille. Dans plusieurs situations, les femmes doivent aussi gérer des procédures judiciaires autres que celles du droit de la famille, comme des procédures criminelles, liées à l’immigration ou avec la société d’aide à l’enfance. Ces différentes procédures multiplient les défis et complexifient la situation déjà précaire des femmes aux prises avec la violence, en particulier quand des décisions contradictoires sont prises par les différentes instances impliquées.

REVENDICATIONS 

Plus de ressources et de financement doivent être accessibles dans les milieux ruraux, ainsi que pour les femmes habitant dans des milieux linguistiques minoritaires. Deuxièmement, plus de financement doit être mis à la disposition d’organismes communautaires qui accompagnent les femmes immigrantes à travers le processus de justice.

De plus, nous réclamons un meilleur accompagnement des plaignantes tout au long du processus, notamment l’accompagnement par des intervenantes et des services d’information juridique anonymes et gratuits. Enfin, une plus grande flexibilité des procédures, entre autres en permettant aux femmes de témoigner dans une autre salle par vidéo ou derrière un paravent pour éviter le contact visuel avec l’agresseur, améliorerait également l’accès à la justice pour les femmes aux prises avec la violence conjugale.

[1] https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/89-503-x/2015001/article/14152/tbl/tbl2-fra.htm

[2] https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1303044/france-femme-feminicide-tuee-canada

[3] https://cfc-swc.gc.ca/abu-ans/wwad-cqnf/kf-pc/violence-canada-fra.pdf

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