4. Mettre fin à la pauvreté ─ DÈS MAINTENANT !

La violence faite aux femmes ne cessera pas tant que les femmes seront pauvres. Comme le souligne le « Premier pas », une des façons d’exercer le pouvoir sur les femmes est de les garder dans une plus grande pauvreté que les hommes ou encore d’empirer l’inégalité des femmes en maintenant l’écart salarial entre elles, les hommes et les autre femmes. Tous les groupes qui connaissent la pauvreté – les peuples autochtones, les personnes qui vivent avec un handicap, les personnes de couleur, les néo-Canadiennes et néo-Canadiens, les personnes âgées et les jeunes – sont composés en majorité de femmes. Les familles monoparentales sont particulièrement pauvres et la plupart sont dirigées par des femmes. En mai 2006, dans sa réponse au rapport canadien, le Comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations Unies constatait que rien – ni difficulté, ni obstacle – n’empêchait le Canada de faire ce qui est nécessaire pour mettre un terme à la pauvreté. En d’autres mots, il n’y a aucune raison qu’il en soit ainsi. Les femmes restent pauvres parce que les gouvernements n’en font pas assez pour éliminer la pauvreté.

La pauvreté et la violence faite aux femmes sont étroitement liées. Saviez-vous qu’avoir un faible revenu rend les femmes plus vulnérables à la violence ? Bien que les femmes de toutes les catégories de revenu soient susceptibles de subir la violence d’un partenaire intime, celles dont les revenus sont les plus faibles ou les plus restreints ont plus de difficulté à survivre ou à échapper à la violence. Voici pourquoi :

  • Le salaire minimum et les taux d’aide sociale sont tellement bas que les femmes qui vivent une relation de violence doivent choisir entre la pauvreté et la violence.
  • En Ontario, les mères qui vivent de l’aide sociale voient leur supplément de la prestation nationale pour enfants amputée d’environ 120 $ par mois, par enfant. Des recherches démontrent que leur expérience de l’aide sociale est « extrêmement négative ». Les hommes violents font régulièrement de faux rapports de fraude aux bureaux locaux d’aide sociale pour que les femmes soient exclues de l’aide sociale.
  • L’exploitation économique va fréquemment de pair avec d’autres formes de violence dans une relation – un agresseur contrôle souvent l’argent ou refuse d’en donner, par exemple, ou il empêche sa femme de travailler, d’aller à l’école ou de suivre une formation à l’emploi.
  • Les femmes qui ont subi une agression sexuelle doivent parfois quitter l’école parce que ce n’est plus sécuritaire pour elles ou parce qu’elles ne sont plus capables d’étudier à cause des répercussions psychologiques de la violence. À long terme, cela affecte leur avenir, y compris leur sécurité financière.
  • Les femmes qui vivent du harcèlement sexuel ou de la violence au travail sont souvent contraintes de quitter leur emploi, ce qui les met au chômage ou les oblige à vivre de l’aide sociale.
  • Les femmes qui sont les plus en danger de subir de la violence n’ont peut-être pas les moyens de déménager, de quitter leur emploi ou d’acheter les systèmes de sécurité dont elles ont besoin pour vivre de manière sécuritaire. Retourner sur les bancs de l’école pour se perfectionner ou pour y recevoir une formation tout en payant pour la garde des enfants est peut-être hors de leur portée financièrement. Payer les services d’une avocate ou d’un avocat leur est peut-être impossible. L’aide juridique leur est peut-être inaccessible car en Ontario, une personne qui gagne aussi peu que 13 000 $ par année peut ne pas y avoir droit.
  • Les femmes qui sont pauvres courent plus de risque d’être exploitées sexuellement, de devenir victimes de la traite des femmes ou d’être forcées à la prostitution pour survivre financièrement.

Quelques faits :

  • Au Canada, une femme sur sept vit sous le seuil de la pauvreté.
  • Bien que ce soit en Ontario que le revenu des femmes est le plus élevé au Canada, leur revenu moyen atteignait seulement 60 p. 100 de celui de leurs collègues masculins, en 2003. Or, la moyenne canadienne était de 62 p. 100.
  • Presque 40 p. 100 des familles monoparentales dirigées par des femmes sont pauvres. La famille monoparentale moyenne dirigée par une femme vit avec 9 400 $ de moins que le seuil de la pauvreté. La famille monoparentale dirigée par une femme vit avec moins de 60 p. 100 du revenu d’une famille monoparentale dirigée par un homme.
  • En 2000, le revenu annuel médian des femmes autochtones était de 12 300 $ soit environ 5 000 $ de moins que celui de toutes les femmes et 3 000 $ de moins que celui des hommes autochtones
  • La même année, les femmes de couleur ont gagné 3 000 $ de moins que les autres femmes au Canada et en moyenne, 9 000 $ de moins que les hommes de couleur.
  • En 2001, 35 p. 100 des femmes qui avaient immigré récemment au Canada (entre 1991 et 2000) vivaient dans la pauvreté en comparaison de moins de 20 p. 100 de celles qui étaient arrivées avant 1981.
  • Les femmes vivant avec un handicap gagnent en moyenne 5 000 $ de moins par année que les autres femmes et presque 10 000 $ de moins que les hommes vivant avec un handicap. En Ontario, les femmes vivant avec un handicap sont tout à fait au bas de l’échelle salariale.

D’autres ressources : Consultez les sites Web ci-dessous pour obtenir plus de renseignements sur la pauvreté et participer aux campagnes contre la pauvreté pour mettre un terme aux coupures, augmenter les taux d’aide sociale et le salaire minimum et faire des pressions pour l’obtention de l’équité salariale. Vous y trouverez plein d’idées d’actions à entreprendre !– Mettons fin à la pauvreté des enfants au Canada DisAbled Women’s Network of Ontario (DAWN)(en anglais) Ontario Coalition for Social Justice (en anglais) Equal Pay Coalition (en anglais) Équité salariale – Congrès du travail du Canada Institut canadien de recherche sur les femmes (ICREF) Feuillet d’information – Les femmes et la pauvreté (2005) Femmes au Canada : rapport statistique fondé sur le sexe 5e éd. (Statistique Canada, 2006) Une Marche en terrain glissant: les femmes maltraitées et leurs expériences avec le système du bien-être social en Ontario (2004) Comité (des Nations Unies) des droits économique, sociaux et culturel : conclusions du comité sur le Rapport du Canada, mai 2006. Vaincre les obstacles : Les femmes handicapées et le marché du travail en Ontario par Gail Fawcett, Conseil canadien de développement social, 2000.